Mon avis sur Maikan, de Michel Jean

Ils ont les cheveux noirs et la santé de ceux qui vivent au grand air. Ils connaissent les secrets de la forêt, les cachettes des lièvres et le tracé des rivières. Un jour, les étrangers débarquent. Pour les prendre, arguant qu’ainsi, ces petits Innus apprendront. À lire, à écrire, à compter. À devenir de bons citoyens canadiens. Brandissant la religion comme un crucifix devant celui qui effraie, ils font abdiquer les parents. Par l’espoir ou les menaces. Les enfants se retrouvent dans des pensionnats. Des grands espaces aux salles de classe. Ils ne peuvent parler leur langue ni garder leurs cheveux longs. Ils doivent changer, pour être assimilés. Les professeurs sont chargés de casser l’Indien en eux. À tous les prix.

Commence pour ces enfants l’impossible jeu d’équilibre : plier devant les figures d’autorité et empêcher les mots d’hier de s’envoler en attendant de sortir. Mais sortir, pour être quoi ensuite ? Que peut-on devenir lorsqu’on a l’âme déchirée et les épaules voûtées d’avoir cédé pour survivre ?


C’est un joli texte que nous propose ici Michel Jean. L’odeur de sapin se mêle à l’odeur d’humidité des espaces renfermés. Entre l’action et l’ambiance, le passé et le présent, il grave l’injustice sur le papier, en mettant de côté les grands discours pour montrer la peine et la peur.

Et vous, vous l’avez repéré, lu, aimé ?

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