Mon avis sur Fourmies, la rouge, d’Axel W. Inker

Il y a quelques années, dans l’une des salles de classe du lycée public de Fourmies, j’observais une longue frise chronologique plastifiée courir sur tout un pan de mur. Entre le baptême de Clovis, le couronnement de Louis XIV et l’avènement de l’Euro, un point immortalisait la manifestation du 1er mai 1891 à Fourmies.

La petite ville que tout bons adolescents que nous étions rêvions de fuir, espérant laisser derrière nous les cheminées stériles, les usines désaffectées et les vestiges d’un passé industriel glorieux qui peine à se reconvertir. Fourmies, ou le bout du monde, apparaissait sur cette frise. Quelques clics sur Wikipedia m’avait permise de plonger dans cette manifestation d’ouvriers et d’ouvrières, qui réclamaient le passage aux huit heures de travail. Quelqu’un a ordonné de tirer. Neuf d’entre eux sont morts. Une blessure dont les pavés face à l’église portent encore la plaque.


Dans cette BD, Alex W. Inker donne des visages à ce drame, que nombre de Fourmisiens ont oublié, bien qu’à l’autre bout de la France, les amateurs d’Histoire réagissent, comme par réflexe, à l’évocation de ce nom. Je suis retournée dans ma salle de lycée un instant, réalisant une seconde fois, que c’est une multitude de fourmis venant d’un des endroits les plus éloignés des villes lumières qui ont marqué l’Histoire et déterminé certains de nos droits, en refusant de rester à la place qu’on avait tenté de leur imposer.

Et vous, l’avez-vous lu ?

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