Mon avis sur Ne crains pas l’ombre ni les chiens errants, de Camille Zabka

Cassandre a préparé son sac de nuit. Elle a laissé ses livres, pris de quoi nourrir sa fille. Elle va fuir. Le voyage se fera aussi dans ses souvenirs. Elle revoit son arrivée sur cette île verdoyante et ses rizières, d’où elle était tenue éloignée dans un complex pour expatriés. Les mots étrangers qu’elle a tentée de dompter, la différence, physique et sociale, que marque sa couleur de peau. Elle quitte une promesse, effrayée par les singes aux dents aiguisées, trébuchant sur un sac plastique terne. En racontant cet ailleurs, elle revient à ses origines, au familier. Ce que l’on cherche à fuir, et dont les souvenirs nous enveloppent, inlassablement, avec la force tranquille du temps.


J’ai été déstabilisée en lisant ce texte, car c’est de moi dont il parlait. Moi, qui cherchait à m’extirper d’une condition, d’un endroit. Moi qui ait cédé aux appels de la ville lumière, avant de m’apercevoir que si elle brille bel et bien, elle ne réchauffe pas autant le cœur qu’un foyer. Moi qui ait découvert un pays fascinant, abîmé par l’irresponsabilité des Hommes et dans lequel je ne pouvais complètement me fondre à cause de ma pâleur. Cette fuite que raconte @camillezabka est un retour aux sources et une réflexion sur l’identité. C’est l’histoire de Cassandre, c’est la mienne et c’est la vôtre.

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