Mon avis sur Retour à Birkenau, de Ginette Kolinka

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J’ai terminé Retour à Birkenau, de Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri. Il s’agit d’un récit publié aux éditions Grasset au mois de mai. Une survivante des camps nazis (Ginette Kolinka) a pris la plume, aidée de l’une journaliste (Marion Ruggieri) pour coucher son témoignage sur le papier. C’est un témoignage qu’elle porte aujourd’hui de classe en classe. Dans ce récit, elle s’adresse d’ailleurs aux lecteurs comme elle pourrait le faire à des élèves. Elle nous/leur fait confiance pour continuer à transmettre son histoire.

Evidemment, c’est un livre difficile. Le livre s’ouvre sur une page où elle dédie ce récit à ses « camarades qui n’ont pas eu (sa) chance ». L’arrestation et le quotidien au camps sont racontés avec émotion mais aussi avec une certaine distance. Elle se livre complètement, racontant sa naïveté, son sentiment de culpabilité immense (c’est elle qui a conseillé à son vieux père et à son neveu de monter dans le camion pour qu’ils ne se fatiguent pas) et ses faiblesses. C’est un texte d’une grande élégance.

Elle évoque Simone Veil et Marceline Rosenberg, qui sont, selon elle, bien plus courageuses qu’elle. Elle parle de ce morceau de pain qu’elle cachait dans ce qui lui servait de lit pour « économiser« . Infime quantité de nourriture qui sera volée. Pour survivre, elle ne bronche pas et décide de tout faire « pour ne surtout pas réfléchir« .

Outre, le témoignage des camps, ce livre évoque aussi l’après. C’est une partie qui m’a beaucoup intéressée car j’ai peu lu à ce sujet. Elle raconte le voyage interminable pour rentrer chez soi, l’annonce de la disparition de proches qu’elle doit faire à sa famille. Mais aussi les gens qui défilent à son chevet pour la déportée. Le silence autour de ce qu’elle a dû traverser. Elle ne dirai jamais à ses enfants ou ses petits-enfants de « finir leur assiette car si vous saviez ce que j’ai vécu« . Elle commencera à témoigner presque par hasard, des années plus tard.

Avec ce livre, j’ai beaucoup pensé à Lili Leignel, une femme qui était venue témoigner des mêmes faits dans ma classe, alors que j’étais au lycée, en terminale. Je n’ai jamais oublié son nom. C’est bête mais « Lili » me semblait être un nom si doux et si moderne que j’avais du mal à l’associer à son histoire.

Le récit de ces deux femmes est semblable, de par les faits, bien sûr, mais aussi par leur dignité. Elles racontent mais sans céder à la haine. C’est ce qui m’impressionne le plus. Alors bien sûr, il y a des explications logiques et c’est bien là que réside la beauté de la chose. Leur tête ont pris le pas sur leur coeur.

Face à un contre la montre irrémédiable, il me paraît indispensable de parler de ce texte et de le partager. Ce témoignage doit continuer à traverser les époques et les générations, surtout quand les témoins de ces atrocités ne seront plus là pour les raconter de vive voix.

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