Mon avis sur Bakhita, de Véronique Olmi

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3,5/5, une biographie agréable, riche et complète.

Hello à tous, me voici de retour de mon voyage à New York, pendant lequel j’ai lu Bakhita. Je l’avais beaucoup vu su Instagram et j’ai cédé en l’apercevant dans une bouquinerie.

Ce livre raconte l’histoire de Joséphine Bakhita, une ancienne esclave devenue religieuse. On suit son parcours de son enlèvement très jeune dans son petit village dans le Darfour, à son entrée dans les ordres en Italie, en passant par les sévices qu’elle subit.

Bien que j’en lise finalement assez peu, J’ADORE la littérature francophone africaine. Je trouve que les tournures de phrase, les figures de style, les images sont très belles et parviennent à mettre des mots sur un sentiment, une émotion… tout en gardant une originalité à mes yeux, moi qui n’aie jamais vécu dans un pays africain. Alors, je sais que l’autrice, Véronique Olmi n’est pas africaine, si j’en crois wikipedia, elle est née à Nice mais en racontant l’histoire de Bakhita, qui elle, l’est, j’ai retrouvé ces images et ces phrases que j’aime au début du récit. C’est d’ailleurs la partie que j’ai préférée, notamment grâce au rythme que je trouvais parfait. J’ai eu l’impression d’un creux vers le milieu du livre, avant d’être de nouveau séduite à son entrée dans le couvent.

J’ai beaucoup aimé la manière dont la sensation d’arrachement est décrite. On parle ici d’un arrachement à sa mère, à son village, à son pays, à chacun des êtres qu’elle aime et qu’elle voit partir. Sa sensation d’être perdue et sa culpabilité d’avoir perdu jusqu’à son prénom m’ont touchée. J’ai compati lorsque Bakhita est devenu un objet de curiosité en Italie à cause de sa couleur et j’ai été émue -et en même temps peinée- de son abnégation à servir malgré ses problèmes de santé.

J’ai utilisé le mot « complète » dans a petite phrase d’introduction de cette chronique que je tiens à préciser. Il n’est pas à comprendre dans le sens où on connaît chaque heure de chaque jour de sa vie bien sûr, mais plutôt comme la sensation d’avoir réussi à se représenter un tout.

Je termine toutefois par un petit bémol à mes yeux, le personnage est naïf et je n’ai pas eu la sensation d’une évolution à ce niveau-là, ce qui m’a donné l’impression d’être toujours face à une petite fille. J’aurais aimé découvrir la septuagénaire qu’elle était également et j’ai du mal à croire que c’était sa personnalité à cette période là de sa vie.

Bref, je vous conseille ce livre, qui m’a bien plu, tout en étant pas l’un de mes énormes coups de coeur de l’année, mais je suis très difficile, si vous me suivez depuis un moment, je pense que vous devez vous en douter à présent ! Qu’en avez-vous pensé, de votre côté ?

4 commentaires

  1. J’ai été très touchée par ce roman que j’ai trouvé vraiment bien écrit. Le rythme particulier de Véronique Olmi impulse un tempo qui nous pousse toujours plus avant. C’est vrai que le personnage est naïf, mais elle a été arrachée à sa famille si jeune que personne n’a pu l’aider à grandir et à mûrir. En tout cas, moi qui ne connaissais ni Bakhita, ni l’autrice et je ne regrette pas d’avoir lu ce livre.

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  2. Est-ce de la naïveté ou une fragilité qui n’a pu être confrontée à une résilience? Bakhita, un livre qui, à juste titre s’est retrouvé susceptible d’obtenir le Goncourt. Véronique OLMI ne l’a pas obtenu. Son livre était peut-être trop dérangeant, pas assez commercial, à l’heure où le racisme, la ghettoïsation légitiment bien des appels au repli sur soi en justifiant la peur outrancière de toute différence. L’Homme est-il prêt à entendre un tel discours et à se refuser d’oublier que nos sociétés ont été construites – et le sont encore trop largement – sur base de l’appropriation des richesses et des personnes, volées, soustraites à leurs destinées, au droit fondamental pour chacun de régir sa vie et non d’être assujetti. Au-delà de tous les subtilisées et figures d’écriture, Bakhita est un drame dont nos jeunes générations doivent prendre conscience.
    Bakhita, un livre désarçonnant qui bouscule, renverse les attendus, taraude les convictions. Un livre qui fait du bien !

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