Mon avis sur Limonov, d’Emmanuel Carrère

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3/5, j’ai plutôt un avis mitigé sur le second livre d’Emmanuel Carrère que je lis.

L’auteur fait une biographie d’Edouard Limonov, un écrivain et dissident russe. C’est un texte assez complet, qui raconte les différentes étapes de sa vie, et ce, dès l’enfance, ses multiples déménagements (en Russie, puis à l’étranger : aux Etats-Unis, en France…) et ses conquêtes. Le personnage passe d’enfant qui se met à découvrir que son père n’est pas le soldat qu’il imaginait, à petit voyou, puis poète en quête de reconnaissance et de pouvoir, à opposant politique pour ressembler à l’idée qu’il se fait d’un héros. Il comprend très tôt qu’il veut une vie exceptionnelle, même si cela veut dire passer les nuits dehors ou participer à un viol.

J’ai trouvé le livre compliqué mais facile à lire. Me voilà bien embêtée. D’un côté, il y a moult personnages, et si j’ai bien compris l’intérêt de certains, d’autres m’ont laissée interrogatrice. De même, que les différentes actions et pensées du personnage manquent, à mon goût, de cohérence. Il défend un pays qu’il quitte, au lieu de rejoindre Poutine qui semble partager ses idéaux, il l’attaque. En fait, il s’agit simplement d’un personnage qui se veut exceptionnel, mais se complaît dans son rôle de voyou se battant de manière épique pour le succès, et celui d’éternel opposant, le couteau dans la poche. Bref, j’ai l’impression d’être passée à côté du livre, du moins sur le fond : qui est Edouard Limonov ? Ou alors, il ne s’agit que d’un type un peu pathétique, qui multiplie les coups d’éclat plus pour la forme que pour le fond.

J’ai toutefois apprécié sa richesse. On évoque en effet l’URSS et la Russie, que je connais mal. Je découvre la vie qu’on y menait à l’époque de Limonov, l’homme idéal aux yeux des Russes, cette «culture» ou plutôt devrais-je dire usage de l’alcool, ainsi que l’éclatement de l’URSS, son pourquoi, son comment et sa gestion.

Je crois qu’au final il y avait trop d’éléments à mon goût et que j’ai ai peine à conserver l’essence du livre dans ces détails foisonnants.

Parlons maintenant de la forme. J’avais déjà lu L’adversaire du même auteur, et la ressemblance est frappante. Dans les deux cas, on cherche à percer le mystère d’un homme trouble  : assassin de toute sa famille pour l’un, et personnage ambigu qui flirte avec le fascisme pour l’autre. L’écriture se ressemble beaucoup : style clair et entrainant, malgré, dans ce cas, de la multitude de personnages et de situations différentes, qui m’a permis de tenir lors des passages compliqués, parce qu’au final, il raconte la vie d’un homme, quoi de plus simple ? J’ai ainsi beaucoup aimé les passages où c’est cette qualité d’homme qui est abordée, et non celle de dissident ou de poète cherchant à tout prix à être underground : lorsqu’il découvre New York avec celle qu’il aime, lorsqu’il retourne voir ses parents après des années de silence ou encore son passage en prison.

Il y a aussi le narrateur, toujours arrogant, qui ne se laisse jamais oublier et trouve un moyen de donner son avis personnel sur les individus qu’il dissèque.

Bref, convaincue par la forme mais moins par le fond, je recommande particulièrement ce livre aux russophiles, à ceux qui aiment l’histoire et aux fans du style de Carrère. Pas à ceux qui recherchent une lecture légère.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Partagez-vous la même opinion ?

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